Période de Taifa; La dynastie arabe des Jahwarides de Cordoue :

Après là chute de l’empire des Omeyyades en Espagne , il s’éleva un grand nombre de petits états, la plupart formés des provinces et des villes dont les gouverneurs s’étant déjà rendus indépendants, prirent alors le titre de roi.
Ibn Jawhar a été émir de Cordoue vers le début du xie siècle.
Aboû’l-H’azm Djahwar ben Mohammed ibn Djahwar tient une charge de ministre (vizir) sous la dynastie ‘Amiride avant 1026. Il fait partie du collège de notables de Cordoue influents politiquement notamment concernant la résolution de la succession dynastique1, problème récurrent pendant la guerre civile. Après que le dernier calife Aboû Bekr Hichâm ben Mohammed ben ‘Abd el-Melik ben ‘Abd er-Rah’mân En-Nâcir l’Omeyyade ( Al-Mustazhir bi-llah `Abd ar-Rahmân ben Hichâm ou Abd al-Rahman V ) eut été déposé, ibn Djahwar, en porte-parole des notables et de l’aristocratie, proclame la fin du califat3.
Il sera à la tête du gouvernement de Cordoue jusqu’à sa mort le 8 septembre 1043, date à laquelle la fonction sera reconduite par son fils Aboû’l-Welîd Mohammed ben Djahwar.
La Taifa Cordoue était une « république islamique » en Andalousie dans le sud de l’Espagne .
ROYAUME DE CORDOUE.
Période de Taifa: Dynastie arabe des Jahwarides de Cordoue (2).
Ier. Abou’l-Haçan JAHWAR AL-MODHAFFER.
An de l’hég. 422 (de J.-C. 1o31). De tous les princes qui régnèrent en Espagne , après les Omeyyades, Abou’l- Haçan Djahwar ben Mohammed, ben Djahwar , fut le seul qui n’usurpa point le pouvoir suprême.
Vezir des derniers khalifes Omeyyades, et comptant , parmi ses ancêtres, des hadjebs et des ministres des monarques précédents , il joignait à cette illustration des talents et des vertus qui l’avaient rendu cher et respectable au peuple de Cordoue.
Son désintéressement , son impartialité , son dévouement au seul bien général , au milieu des dissensions et des guerres civiles , lui avaient mé rité même l’estime de tous les partis.
Aussi lorsqu’à défaut de quelque prince Omeyyade (Marwanide), Djahwar eut été élu par le conseil de Cordoue , pour succéder à Hisham III, il fut proclamé roi d’un consentement unanime.
Dès qu’il eut reçu les serments d’usage , il établit un gouvernement aristocratique , composé d’un sénat dont il ne se réserva que la présidence, et s’acquit par cette modération la confiance de ceux même qui avaient traité de dissimulation sa conduite circonspecte.
Il refusa long-tems d’aller habiter le palais des khalifes , et ne s’y rendit que pour y vivre aussi modestement que dans sa maison. Loin d’augmenter son train et sa dépense , il congédia cette foule de valets, de portiers et de gens inutiles qui épuisaient le trésor public.
Il éloigna les délateurs, les gens qui ne vivaient que de calomnies et de procès, et créa un certain nombre de procureurs salariés comme les juges.
Il chassa aussi les charlatans , les empiriques , et nomma une commission chargée d’examiner la capacité des médecins et des gens qui se destinaient au service des hôpitaux.

Il ramena l’abondance, et fit de Cordoue le grenier de l’Espagne musulmane.
Il établit des receveurs d’impôts et de» gardes-magasins qui , tous les ans, rendaient compte au sénat de leur gestion.
Les soins de Djahwar se portèrent de même sur la police ; il créa des inspecteurs qui veillaient nuit et jour à la sûreté des citoyens. Il institua une garde bourgeoise qui faisait des rondes pendant la nuit, désarmait les passants , et arrêtait ceux qui ne pouvaient pas justifier des motifs légitimes de leur sortie, à des heures indues; et , afin que les malfaiteurs ne pussent échapper aux recherches des patrouilles , en fuyant d’un quartier dans un autre , il fit placer , dans toutes les rues, des barrières qui étaient fermées la nuit.
Comme Djahwar veillait sans cesse au maintien de la justice et à la prospérité de ses sujets, Cordoue jouit de la tranquillité la plus parfaite ; et les arts , le commerce enrichirent ses habitants.
Lorsqu’il eut fait part de son élection aux walis des provinces , la plupart s’excusèrent sur de frivoles prétextes, d’aller lui rendre hommage ; et ceux de’Tolède , de Saragosse, de Séville,de Malaga,de Grenade et de Badajoz se bornèrent à de vaines protestations de bienveillance.
Djahwar, feignant d’ignorer leurs- projets d’indépendance et d’anarchie , applaudit à leur zèle pour le bien général et les invita à l’union et à la concorde.
Mais l’ambition, la cupidité , le bruit des factions et des armes étouffèrent la voix du bon roi de Cordoue , et l’Espagne se trouva livrée à autant de tyrans qu’il y avait de provinces.
Djahwar , voyant le peu de succès de ses conseils paternels , eut recours à la force ; mais, en attaquant, l’alcaïd d’Açahila, il s’attira une guerre fâcheuse avec. Ismail , roi de Tolède , protecteur de ce petit dynaste.
Il la soutint avec désavantage, malgré le zèle et les efforts des Cordouans , qui le perdirent le 6 de moharem ou de safar 4-35( i5 août ou 14 septembre 1043).
Leurs larmes honorèrent la pompe funèbre d’un souverain qui avait fait, leur bonheur pendant plus de douze ans (1).

2eme’. Abou’l-Walid MOHAMMED.
An de l’hég. 4^5 (de J.-C. io43) Mohammed, prince sage et vertueux, mais faible de corps et valétudinaire, reçut les serments de tous les corps civils, religieux et militaires de Cordoue.
Il marcha sur les traces de Djahwar, dont il se montra le digne fils; mais les circonstances contrarièrent également ses intentions pacifiques.
Les propositions qu’il adressa au roi de Tolède et à son allié pour terminer la guerre, ayant été rejetées avec une hauteur méprisante, il chargea son fils Walid et son général Hariz ben Al-Hakem de continuer les hostilités ; ce qu’il firent , en traversant le Guadiana et en ravageant les terres de l’ennemi.
Mais le roi de Tolède , secondé par les troupes du souverain de Valence , exerça de terribles vengeances dans les états de Cordoue , l’an 440 (1048), obtint divers avantages sur le général Hariz , l’obligea de se tenir sur la défensive et s’empara de plusieurs places.
Mohammed , ne pouvant résister à tant de forces, chercha des alliés capables de le soutenir : il s’adressa au roi de Séville et à celui d’Al-Gharb ou de Badajoz, et conclut avec eux , l’an 443 ( 1051), une triple alliance.
Il reçut aussi des secours des cheikhs de Huelva et Saltes, de Niebla et d’Oksonoba, dans l’Andalousie occidentale.
Cependant les troupes réunies de tous ces princes furent battues en plu sieurs rencontres par celles de Yahia Al-Mamoun , roi de Tolède , qui remporta sur elles une victoire décisive, sur les rives de l’Algodor, l’an 452 ( 1060 ).
Cette nouvelle, et la retraite précipitée du général Hariz ben Al -Hakem , jetèrent l’épouvante dans Cordoue, et la confusion dans le conseil de Mohammed ben Djahwar.
Le prince Abdel-melek, qui , au lieu d’être à la tête des armées de son père , avait mené jusqu’alors une vie dissipée , et passé son temps au sein des plaisirs dans les palais de Madina al-Zahra , sortit tout-à-coup de sa léthargie et se rendit à la cour du roi de Séville, pour y solliciter de plus puissants secours. Il y fut reçu avec les plus grands honneurs par l’artificieux Motadhed , qui le retint longtemps pour lui montrer son arsenal, ses trésors ; l’amusa par des fêtes, lui fit de belles offres de services, et le congédia enfin avec un détachement de 200 cavaliers , en lui promettant de faire incessamment en sa faveur les plus grands efforts.
Abdel-melek , n’ayant pu pénétrer dans Cordoue , que le roi de Tolède tenait bloquée, alla attendre à madina al-Zahra les secours que le roi de Séville avait promis.
Les Cordouans, abattus par le coup imprévu qui les frappait, voyaient, pour comble de douleur , la santé de leur souverain dépérir de jour en jour.
Quelques braves parvinrent à franchir le camp ennemi , et portèrent des lettres pressantes au prince Abdel-melek et au roi de Séville , unique espoir des assiégés. Ce monarque jugea que le moment était venu de réaliser ses ambitieux projets.
Il donna des forces nombreuses et des ins tructions secrètes à son fils Mohammed et à son général Abou- bekr Mohammed ben Omar (1).
Dès le lendemain de leur ar rivée devant Cordoue, à la suite de quelques escarmouches meurtrières , il y eut une action générale et sanglante, où l’armée du roi de Tolède et de Valence, mise en pleine déroule, fut poursuivie par les princes de Séville et de Cordoue.
Une partie de la garnison de cette dernière ville avait contribué à la victoire ; le reste sortit aussi pour prendre fiart au pillage. Alors l’astucieux Ben Omar achève d’exécuter es ordres de son maître.
Il entre dans Cordoue avec la ma jeure partie de ses troupes, s’empare des portes , des forts , du palais et fait prisonnier le malheureux Mohammed, qui , voyant sa capitale et sa personne au pouvoir de son perfide allié, meurt de désespoir quelques jours après.
Son fils Abdel- melek , revenant de poursuivre les vaincus , trouve les portes de la ville fermées ;-et tandis qu’indigné de la trahison de ses auxiliaires, il hésite dans sa fureur, sur le parti qu’il doit prendre, il est entouré par la cavalerie du prince de Séville, et sommé de se rendre avec tous ses gens.
Il refuse , se met en défense et vend chèrement sa vie et sa liberté; mais, succombant sous le nombre, il est pris et conduit dans une tour , où le chagrin , plus que ses blessures, termine bientôt ses jours.
Avant d’expirer, il demande à Dieu que le fils du perfide roi de Séville, soit un jour victime d’une semblable trahison ( 1). Cette révolution arriva l’an 451(1060).
Mohammed ben Djahwar avait régné près de dix-huit ans.
En lui finirent la dynastie des Djahwarides, qui n’avait duré qu’environ trente ans, et le royaume de Cordoue , dont la capitale , après avoir été , pendant plus de trois siècles , la métropole de l’islam en Espagne , ne fut plus qu’une ville secondaire , et déchut rapidement de son antique splendeur.
Dynastíe Banu Jahwar (1031-1070)
- Abú’l Hazm Jahwar (1031 -1043)
- Muhammad ibn Jahwar al-Rasid (1043-1065)
- Abd al-Malik ibn Muhammad al-Mansur (1063-1070)
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Source :
Tiré de l’encyclopédie : « L’art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments » éd. in-8°, t. n, p..316-317
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